TROP DE FORMATIONS NUISENT A... LA FORMATION

TROP DE FORMATIONS NUISENT À... LA FORMATION

Evelyne, nîmoise, en sait quelque chose ! Tentée, il y a trois ans, par le modèle du marketing relationnel, confiante et passionnée, cette jeune femme vend à domicile des produits de bien-être pour une le compte d’une société américaine. Perfectionniste jusqu’au bout des ongles, un jour elle a décidé d’entamer une série de formations pour parfaire ses connaissances en web-marketing. Mais, sans le savoir, elle est tombée dans le piège de l’enseignement à répétition à tel point que...


Formations à répétitions


Les petits ennuis ont commencé au détriment de son activité. « Lorsque l’on débute dans ce passionnant métier alliant savoir-faire et relation humaine, il faut absolument mettre de côté la technique si l’on veux être vu sur les réseaux sociaux. J’ai voulu « être partout », jouer le rôle du technicien et apprendre à communiquer en même temps, pressée d’apprendre. Alors, a debuté la galère des formations sensées me faire grandir. Elles s’enchainaient, semaine après semaine. Et puis, un jour, je me suis aperçue de la perte d’exploitation conséquente de mon activité car le temps consacré à ces apprentissages rognait mon lendemain...» Cette jeune distributrice, ex professeur de gym, qui  a tout laissé pour le M.L.M. raconte, amère, ses déboires de débutante. 


Achetés à prix d’or


Persuadée qu’elle allait augmenter plus vite ses revenus, Evelyne s’est d’abord, engagée, sereine, dans une formation de web-marketing. Coût : deux mille Euros pour finalement confier la tâche à un freelance rédacteur de ses messages. « J’ai perdu des heures à essayer d’apprendre les meilleures techniques pour être remarquée sur les réseaux sociaux, d’autres pour me former à capter l’attention des prospects, au lieu de passer ce temps-là à vendre mes produits et développer mon réseau déjà bien engagé. Durant des mois, j'ai regardé attentivement des vidéos, des cédéroms achetés à prix d’or. Mon mari ne voyait pas cela d’un très bon oeil car j’engageais l’argent du budget... » 


Le beau parleur


Mais, la soif extravagante de découverte d’Evelyne ne s’est pas arrêtée là. Pour se perfectionner, elle a consacré des journées complètes à faire fonctionner des outils soit disant « hyper simples et révolutionnaires », rageuse devant les bugs et les incompatibilités chroniques dès la plus petite mise à jour. Mais, le comble est arrivé un jour de février dernier. Remarquée par celui qu’elle désigne aujourd’hui comme un « beau parleur » Evelyne s’est encore laissée tentée dans une formation sensée lui apprendre à maitriser des pages de captures, mettre en ligne les listes e-mails. Coût de l’opération, encore deux mille cinq cent Euros...


Toujours tentée


Engagée dans ce tourbillon infernal, pleuvaient dans sa boite d’émails, chaque jour, les offres « exceptionnelles », saisissantes, du « tout de suite » palliant une augmentation du tarif dans les trois jours, allant du simple au double,. « Je devais absolument me former au développement personnel, d’après mes collègues, alors j’ai encore cédé à une formation de trois jours effectuée à l’autre bout de la France. Ca m’a couté, trois mille Euros plus les frais de déplacements. A l’issue de celle-ci, je me suis encore laissée tentée par une autre, présentée plus complète, un prolongement, en quelque sorte à la première. Investissement : deux mille-huit cents euros de plus... » 



Se former, oui, mais à quel prix ?


Cette escalade aurait pu durer encore longtemps, car dans le métier du marketing de réseau, les stages et les conseils répétitifs sont de mises. C’est ce qu’avouent les grands leaders, ceux qui ont réussis à se faire une place au soleil dans cette merveilleuse profession ou, encore, ceux qui ont compris l’intérêt financier... d’enseigner les arcanes de la pratique. Se former, oui, mais à quel prix ? Avec quels sacrifices de temps ? Un jour, une prise conscience, doit limiter ce qui, pour beaucoup, comme Evelyne, s’enferment dans cette addiction à l’enseignement... jusqu’au moment où ils mettent le nez dans leurs comptes. 


Soif d’apprendre


La surprise des sommes investies, de taille, lui a révélée des chiffres d’investissement démesurés. Plus grave, le constat de la baisse conséquente de son chiffre d’affaire et des factures aux montants catastrophiques, certes réglés, mais présentant un manque à gagner de plusieurs milliers d’Euros par rapport au ventes perdues ou non engagées. Tout ça pour avoir répondu à l’appel de la tentation à la perfection jusqu’à l’indigestion dans une activité où elle excelle parfaitement. Une distributrice, Alicia, confirmant les propos du compagnon d’Evelyne, lui a démontré que cette soif d’apprendre devait se limiter. Alors, en conscience, elle s’est résignée, annulant d’autres projets de formations tout aussi immodérés avec, parfois, même le versement d’acomptes et des réservations prévues en 2020.


Vouloir tout faire soi-même 


Voilà bien l’erreur à ne pas commettre, dans l’entreprise du marketing relationnel car, comme dans toute activité, lorsque elle prend le chemin en « ligne », elle repose forcément sur un certain nombre de techniques revenant à des spécialistes qu’il convient de laisser exécuter pour obtenir des résultats probants. Depuis l'expert en sécurité informatique nettoyeur des sites web infectés en passant par le web-designer créateur de pages inspiratrices de confiance, jusqu’au développeur chargé de l'automatisation, sans oublier le webmaster qui installe, utilise, et maintient l'ensemble du système fonctionnel jour après jour, ce temps se rentabilise en se consacrant uniquement à... vendre ou à sélectionner ses prospects pour faire grossir son réseau. 


Erreur reconnue


Cette erreur, aujourd’hui, Evelyne, acerbe devant la réalité des chiffres, la reconnaît. Vouloir s’impliquer de toute partie technique, c'est demander à un chirurgien-dentiste de refaire son nez. « Vouloir être partout » est le bon moyen d'obtenir des résultats médiocres et démotivants. Aujourd’hui, Evelyne l’a bien compris, mais à ses dépends. Elle a évincé cette multitude de tâches éloignées qui vampirisaient son activité de distributrice et elle se consacre uniquement à sa clientèle. Finies les formations couteuses, « A chacun sa place ! » dit-elle avec le sourire recouvré.